Laboratoire Morphodynamique Continentale et Côtière

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ANR MOROCH’2

ANR MOROCH’2 (2021-2024, resp. J. Touboul, programme Astrid Maturation, 499421 euros)

– Statut : accepté pour financement

– Personnels M2C impliqués : AC. Bennis (resp.), D. Mouazé, M. Boutet et L. Perez.

– Réunion de lancement le 22/03/21.

– 24 mois de post-doc en modélisation numérique et mathématique des interactions houle-vorticité dans le Raz Blanchard + 2 stages de M2.

 

Le projet ANR ASTRID MORHOC’H s’attachait à l’étude des interactions entre houle et vorticité du courant. En effet, il n’est pas rare de rencontrer de tels courants dans les zones côtières, puisque les effets conjugués du vent et de la bathymétrie peuvent en modifier profondément le profil vertical. Or la modélisation, physique et numérique, de telles zones est un enjeu stratégique, aussi bien dans le domaine civil (sécurité côtière, énergie marine renouvelables, …) que dans le domaine militaire (débarquement, secours, applications navales). Le projet avait conclu à l’importance de prendre en compte ce nouveau paramètre, tant il pouvait jouer un rôle prépondérant sur la propagation de la houle dans de telles situations.

Dans le cadre de ce projet, plusieurs avancées avaient été obtenues en termes de modélisation. Notamment, deux résultats nous intéressent ici tout particulièrement. Sur le plan de la modélisation physique, il avait été nécessaire de développer une technique très robuste permettant de maîtriser expérimentalement le profil vertical du courant, c’est-à-dire les composantes horizontales de la vorticité. En ce qui concerne la modélisation analytique et numérique, un nouveau modèle avait vu le jour, appelé CMS, permettant d’étendre le domaine d’application des modèles de propagation de houle à phase résolue afin de prendre en considération des configurations impliquant de fortes vorticités du courant.

Le projet MORHOC’H 2 vise donc à augmenter le degré de maturation de ces deux résultats, afin de les rapprocher d’une utilisation en conditions réelles. Tout d’abord, le dispositif de contrôle du profil de courant sera étendu à des configurations de taille plus importantes, et deviendra applicable dans des bassins tridimensionnels. Cette évolution permettra d’adapter ce dispositif à un bassin commercial d’essais hydrodynamiques, le BGO FIRST, à la Seyne-sur-Mer. Ainsi, il deviendra applicable à une grande gamme d’essais industriels, d’intérêts civils et militaires.

Par ailleurs, le modèle de propagation CMS sera couplé avec le code de circulation hydrodynamique côtière communautaire CROCO, développé par le SHOM, l’IRD, le CNRS, l’IFREMER, et l’INRIA, afin de le rendre utilisable dans des conditions réalistes. En effet, le code existant à l’heure actuelle nécessite une évolution importante, pour être couplé avec un outil modélisant la circulation dans des conditions environnementales réalistes. Une grande montée en maturité du modèle permettra donc d’obtenir un démonstrateur fonctionnant en conditions opérationnelles.

A travers ce projet, les deux approches en modélisation côtière, physique et numérique, totalement complémentaires, progresseront toutes deux en degrés de maturité, et deviendront ainsi plus compatibles avec des situations réalistes. Les différents partenaires du projet chemineront donc vers une utilisation opérationnelle des deux modèles. Par ailleurs, ce projet réunit un consortium impliquant la société Océanide, les laboratoires MIO et M2C, mais également le SHOM, pour les travaux optionnels. Le projet permettra de renforcer la collaboration entre ces différents partenaires, tout en illustrant leur complémentarité.